1985

1985 – Vitry le François, petite1 bourgade du nord est de la France - 25 printemps ont fleuri. Tapi dans l’ombre de mon insouciance, un désir affriolant naît en moi : 

DEVENIR ARTISTE TATOUEUR

Un pote de mon quartier de 4ans mon aîné montait régulièrement à Paris chez « Bruno », tatoueur à Pigalle depuis 1960 (une référence en la matière à cette période dans le monde du tatouage français). Le résultat : une fresque tout en couleurs ornant son dos. Ainsi est venu le déclic de ce qui allait devenir ma passion.

En cette période dite « coincée », se procurer du matériel professionnel relevait du parcours du combattant. Néanmoins, par la force des choses, je finis moi-même par pousser la porte de l’officine de « Monsieur Bruno » pour en ressortir avec ce matériel tant désiré.

De retour sur place, reste à trouver des supports afin de pouvoir poser les premières marques indélébiles sur le sol de ma province. Mais au bout de 2 ans, les choses tournent en rond sans grand intérêt. Le résultat tant escompté n’aboutissant pas, je décide de partir en région parisienne avec ma compagne.

Une fois là-bas, peut-être que tout irait plus vite. Que nenni : plus de demandeurs mais toujours pas l’évolution espérée, quant à la qualité du travail.

Une rencontre décisive va tout faire basculer ; elle se passe au « 105 rue Legendre » dans le XVIIème arrondissement de la capitale. Marcel, le maître des lieux, tatoueur chevronné du pavé parisien accepte de me prendre sous son aisselle.

Dès lors, les choses vont très vite et les progrès tant espérés finissent par aboutir. Comme point de chute, je décide d’ouvrir un Tattoo-shop à Meaux en Seine et Marne. , c’est l’explosion intercestrale qui me conduit dans l’univers du tatouage. Ca y est. J’ai enfin réussi à relever le défi !...

Mais le drame arrive. Marcel est emporté subitement d’une maladie à la con. Plus qu’un "mentor", un père spirituel me quitte et c’est la baffe en pleine gueule.

Abasourdi mais pas désemparé, je mets les bouchées doubles ne serait-ce que pour honorer sa mémoire. Mais très vite usé par ce rythme endiablé, je commence à saturer et l’envie de quitter la Seine et Marne s’installe.

Je décide donc de revenir en Province mais pas à Vitry le François. Je choisis Troyes comme terre d’exile. Voilà maintenant 4 ans que j’offre mes services dans la région sous l’enseigne « PHYSICADERME EXPRESSIONS ».

L’Aube m’a permis de me ressourcer, mais mes pensées iront toujours du côté de la capitale même s’il n’est pas question d’y retourner, du moins pour y vivre.

 

Merci à Marcel et à ma compagne Zaza, aujourd’hui pierceuse, sans qui je n’aurai jamais pu concrétiser mon rêve.

 

A Sarah

 

 


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